Merci Mathilde !

Aujourd’hui, on fait un petit bout de route avec Mathilde ! Cycliste polyvalente et à l’initiative d’un projet qui promeut le cyclisme féminin, Mathilde a le vélo dans le sang grâce à son père qui lui a transmis sa passion. Son quotidien est clairement synonyme de vélo puisque lorsqu’elle n’est pas en train de pédaler, Mathilde travaille au sein du shop Bike Paradise à Tours. Elle partage avec nous sa philosophie du vélo, entre bienveillance, partage et plaisir avant tout. Un entretien hyper inspirant qui met aussi en avant les difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on est une femme dans le milieu plutôt old school qu’est le cyclisme. Préjugé je crie ton nom !

Hello Mathilde ! Est-ce que tu peux nous parler de toi ? Qui es-tu ?

Bonjour ! Je m’appelle Mathilde, j’ai 28 ans et vis en Touraine. Je travaille dans le magasin Bike Paradise à Tours (37), c’est un vrai bonheur de pouvoir partager sa passion chaque jour !

C’est quoi ton histoire avec le vélo ? Ça fait plus de 10 ans en 2019 si je ne m’abuse. Ça en fait des kilomètres.

On a toujours connu le vélo dans la famille, grâce à mon père. On y est tous passé : ma mère, ma soeur, mon frère et moi ! Une vraie passion pour tous.

Quels ont été les moments clés de ta progression ?

Première nette progression lors de l’acquisition de mon premier vélo en carbone en 2011. Les différences de comportement et de rendement par rapport à mon vélo en aluminum étaient bluffantes pour moi !

Puis, deuxième progression en 2016, après mon arrivée au magasin Bike Paradise. Nouveau matériel, beaucoup de motivation pour rouler, enchaînement des km et des disciplines (découverte du VTT et du cyclo-cross), et plaisir de rouler, pas de performer. J’ai trouvé mon équilibre, et je n’ai jamais autant progressé que depuis que je me fais plaisir !

Qu’est-ce que la pratique du vélo t’apporte dans ton quotidien ?

Le vélo fait partie intégrante de ma vie puisqu’il est la base de mon travail. Toute l’année, je vis avec le vélo : route de février à septembre, et cyclo-cross tout l’hiver ! Le vélo est un réel échappatoire, et du partage. Au-delà des bienfaits physiques, il m’apporte des rencontres, des découvertes de paysages, de villages.

Quel est ton meilleur souvenir à vélo ?

Il est difficile de distinguer un meilleur souvenir, j’ai plein de meilleurs souvenirs ! Je pense à la première fois que j’ai gravi un col, c’était le Galibier en 2009 ! Je pense aussi à mon premier Paris-Roubaix Challenge, ou les 24H du Mans 2018 avec notre équipe 100% féminine.

Cyclocross en hiver, route en été et VTT. Tu es une cycliste polyvalente. Qu’est-ce que tu aimes dans ces disciplines ?

La route est la discipline avec laquelle j’ai commencé, elle est vraiment la base de ma pratique du vélo. Le VTT m’a apporté beaucoup de technique, de cardio, et à prendre confiance en moi sur le vélo. J’apprécie tout particulièrement le vélo de descente, quand on part à la montagne l’été… même si je ne m’aventure pas sur des pistes noires !

« J’ai trouvé mon équilibre, et je n’ai jamais autant progressé que depuis que je me fais plaisir ! »

Ça fait maintenant 3 ans que j’ai commencé le cyclo-cross. J’apprécie de plus en plus cette discipline, et l’idée de progression et de performance m’attirent particulièrement. Mais ce que je préfère, c’est d’apprendre à gérer mon vélo et le matériel sur des circuits compliqués et boueux. Je me sens d’autant mieux dès que je reprends mon vélo de route ensuite…

© David Guillot

On te voit régulièrement au départ de courses. À quel moment as-tu décidé de faire de la compétition ?

J’ai commencé la compétition 2 ans après avoir commencé le vélo. C’était assez naturel car  dans la famille nous avons toujours connu le sport par la compétition avec mes parents. Quand on a un dossard sur le dos, on se prend vite au jeu… Mes premières années ont été très compliquées : chaque dimanche, j’étais lâchée et je finissais seule derrière le peloton. Mon défi était de tenir le plus longtemps possible dans le peloton chaque weekend… Puis, course après course, j’ai progressé.

Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de participer à des courses ?

Se dépasser, se confronter aux autres, l’adrénaline de la course.

Et quel est ton rapport à la compétition ?

En route, c’est vraiment le fait de se dépasser et de se confronter aux autres.

En cyclo-cross, c’est vraiment le plaisir ! Bien sûr, il y a toujours cette notion de vouloir franchir la ligne en premier. Mais si je me déplace sur des courses chaque dimanche l’hiver, c’est pour le plaisir de faire des circuits différents et juste pour kiffer !

L’ambiance des compétitions de route vs celles de cyclo-cross, c’est comment ?

La route est un sport qui ne permet pas toujours au plus fort d’accéder à la victoire. Des stratégies sont mises en place dans les courses, qui peuvent permettre à un cycliste qui est resté caché dans les roues toute la course de sprinter et d’aller décrocher la victoire. Il faut être fort, mais surtout malin. Je pense que ça joue sur l’ambiance de la course (autant du côté des coureurs que des spectateurs).

En cyclo-cross, c’est comme en VTT, il n’y a pas de stratégie, le plus fort est devant ! Sauf problème technique, ces disciplines se jouent à la pédale. C’est aussi une ambiance plus détente et bienveillante.

Mais ces différences ne sont pas notables sur toutes les compétitions, et heureusement !

Du coup, comment as-tu progressé ? Quelles ont été les différentes étapes importantes dans ton évolution ?

J’ai progressé grâce à l’évolution de mon matériel, mais aussi en suivant des plans d’entraînement. Tout d’abord, c’est mon père qui a commencé en me donnant un plan d’entraînement sur l’année. Ça m’a donné certaines bases et m’a permis de connaître des exercices à refaire lorsque je ne suivais plus d’entraînement spécifique.

Puis, depuis 2016, je prends simplement plaisir à rouler quand j’en ai envie, la discipline que j’ai envie, et c’est comme ça que j’ai le plus progressé… pas d’entraînement spécifique, pas de prise de tête… comme quoi !

Un ami m’a proposé ses conseils pour progresser en fin de saison de cyclo-cross l’année dernière. Depuis, pour certains objectifs, il me guide pour aller m’entraîner avant les échéances.

Est-ce que Strava a changé ton rapport à la performance et aux autres ? Quelles métriques intègres-tu dans le tracking de tes performances ?

Strava est une vraie communauté. C’est un outil génial pour rencontrer des sportifs, pour se retrouver, pour découvrir des routes. Mais c’est également un bon moyen de se dépasser pour aller chercher des QOM ! Il y a des rivalités de bonne guerre qui se créent entre nous les filles, on se piquent les QOM les unes les autres, on en rigole (même si au fond c’est énervant de perdre une couronne… ahah).

J’utilise personnellement Strava comme mon journal de bord, je mets toutes mes activités sportives (vélo ou course à pied) dessus. Ça me permet d’avoir un suivi. Il me permet aussi de créer des parcours pour nos sorties Women avec le BPWC (Bike Paradise Women’s Community).

Et c’est quoi tes objectifs de l’année ?

Cette année, j’avais comme objectif le championnat régional route, qui a été une déception pour moi avec une belle médaille en chocolat…! Mon prochain objectif sera de terminer dans les délais aux championnats de France sur route. J’ai un petit niveau régional, et une sélection nationale comme celle-ci est une vraie fierté ! Le comité me permet de prendre le départ d’une course prestigieuse avec des cyclistes professionnelles, et c’est un bon moyen de se mesurer au niveau national.

Super ! Bah écoute gros M*** pour les championnats ! On va suivre ça de près !

Parlons matos ! Tu as roulé sur quoi et tu roules sur quels vélos maintenant ?

J’ai commencé avec un Cannondale en aluminium. Puis, mon premier vélo carbone était un Oderen avec une peinture personnalisée, j’en étais très fière ! C’est à ce moment-là que mes parents m’ont aussi offert mes premières roues carbone avec des boyaux, à l’époque des courses tous les dimanches.

Puis, j’ai eu un Orbea Orca, que j’ai toujours d’ailleurs ! Aujourd’hui, je suis ambassadrice Specialized. J’ai roulé sur un Ruby, un Tarmac Women, puis un Venge.

Aujourd’hui, je suis de nouveau sur un Tarmac Disc, avec le nouveau groupe Sram AXS 12 vitesses, le plus beau vélo que j’ai jamais eu, aussi bien esthétiquement que mécaniquement, je suis très chanceuse !

En cyclo-cross, je roule sur mon vélo préféré : un Specialized CruX associé à une paire de roues Zipp en aluminium, mon meilleur ami tout l’hiver !

En VTT, je roule avec un Specialized Epic en Touraine, et un Specialized Enduro ou Demo à la montagne pour la DH.

Sacrée collection ! J’avoue que ton nouveau Tarmac Disc c’est le feu !! Tu es donc une Specialized Woman. Comment on devient partenaire et en quoi consiste ton travail d’ambassadrice ? 

Bike Paradise, le magasin dans lequel je travaille, est un Specialized Elite Shop. Quand j’ai été embauchée, nous voulions clairement développer une communauté féminine, qui ferait tout naturellement échos aux produits Specialized développés pour la gente féminine. 

J’ai  donc mis en place des sorties 100% femmes aux départ et arrivée du shop, et la communauté s’est développée petit à petit, par le bouche à oreilles et les réseaux sociaux. Nous sommes les Bike Paradise Women’s Community. Aujourd’hui, ce sont clairement les filles qui la font vivre ! L’année dernière, 2 d’entre elles ont proposé de faire une équipe féminine pour les 24H du Mans. On s’est lancées à 6 dans l’aventure, même si je me disais que ça ne me plairait pas trop… Nous avons créé ensemble des maillots pour la communauté, et nous avons porté fièrement les couleurs de notre team. Au final, cette épreuve est l’un de mes meilleurs souvenirs sur le vélo, et cette année, nous nous sommes réinscrites, avec deux équipes BPWC !

En parallèle de la mise en place de nos sorties Women hebdomadaires, le programme d’ambassadrice Specialized s’est développé, et la marque m’a proposé d’en faire partie.

En tant qu’ambassadrice, il me tient à coeur de faire découvrir le vélo aux filles qui hésitent encore à se lancer. Le vélo est un sport connoté masculin, même si ça l’est de moins en moins, et certaines peuvent encore être réticentes quant à monter en selle ! Il existe du matériel adapté aux femmes, pas qu’aux hommes, et on peut être stylées et confortables sur nos vélos ; c’est d’ailleurs ainsi qu’on sera les plus performantes !

Notre communauté est aussi faite pour que les filles puissent se rencontrer, échanger, et se retrouver même en dehors de nos rides du samedi matin pour rouler ensemble. La communauté est éclectique : nous avons des triathlètes, des VTTistes, ou des cyclosportives, comme des débutantes. C’est très riche car nous échangeons toutes ensemble sur nos pratiques respectives. Lors de nos rides, le rythme se cale naturellement sur la plus « lente » et on discute, on roule ensemble. C’est toujours un réel moment de partage et de plaisir ! Le vélo que j’aime !

© le velo en photo

A propos de ça, quel est ton point de vue sur la visibilité (plutôt manque de) du cyclisme féminin ?

Les médias et les grosses entités du cyclisme professionnel (comme ASO par exemple) ont une grande part de responsabilité dans la visibilité et la non-visibilité du cyclisme féminin. C’est clairement eux qui permettent de le développer, ou pas.

Aujourd’hui, je pense que nous les filles, en tant qu’ambassadrices et « cycliste lambda », nous pouvons jouer un rôle dans ce développement. Le but est de donner envie aux filles de faire du vélo, peu importe la pratique, et c’est surtout comme ça qu’il se développera. Plus on sera nombreuses, plus les médias en parleront, et plus on aura de l’importance. Mais je trouve que nous allons dans le bon sens ; on le voit avec toutes les marques qui développent leurs gammes féminines. Ça veut dire que leurs ingénieurs travaillent sur des matières, des coupes, des formes adaptées à notre morphologie (naturellement différente de celles des hommes, c’est un fait), pour que l’on soit mieux sur notre vélo. On le voit rien qu’avec les marques de maillots que tu as partagées sur ton site, elles développent toutes des styles et des coupes féminines, on progresse !

Qu’est-ce qui pourrait faire évoluer les mentalités selon toi ? Est-ce que les marques ont un rôle à jouer ?

Les marques ont donc nécessairement un rôle à jouer dans cette évolution du cyclisme féminin. Autant par les produits qu’elles développent que par leurs programmes d’ambassadrices pour faire connaître leurs marques et pour montrer aux filles qu’il n’y a pas une pratique type du cyclisme, chacun a sa propre pratique du vélo, il n’y a pas de règles, et on peut toujours trouver le matériel qui correspond au plus près à notre pratique, du vélo en passant par les équipements.

Tu bosses dans une boutique vélo. C’est parfois difficile en tant que femme de se faire entendre non ? Les mecs ont l’impression qu’on s’y connait pas forcément en technique et ont tendance à s’adresser à des vendeurs. Peux-tu nous parler de ton quotidien ? Comment ça se passe pour toi ?

Encore ce matin, j’ai eu le cas :  je vais voir un client qui me dit qu’il vient voir le vendeur, qui était occupé à ce moment-là. Il préfère attendre qu’il ait terminé ce qu’il faisait plutôt que de s’adresser à moi directement. Au final, j’ai entendu sa question, tout à fait banale, à laquelle j’étais bien évidement apte à répondre.

C’est très compliqué en tant que femme de s’imposer dans ce monde machiste, n’ayons pas peur des mots ! Il faut montrer avec deux trois explications que l’on s’y connaît en fait (ah ouais, c’est pas impossible pour une nana !), et après on sent tout de suite que l’approche du client n’est plus la même. C’est finalement la même chose quand on se retrouve à rouler en groupe et que l’on est la seule fille. En début de sortie, on nous regarde, on toise notre matériel, mais personne ne nous adresse la parole. Ça s’excite toujours à un moment, dans une bosse (ou pas d’ailleurs), et si on se retrouve dans « le groupe de tête », alors on acquiert un peu plus de respect vis-à-vis des cyclistes masculins. C’est quand même dommage de devoir « prouver » ce que l’on vaut, autant en ce qui concerne nos connaissances que nos compétences.

J’ai eu des réflexions comme « ah mais vous vous y connaissez en fait! Bah oui, vous savez, les préjugés », « vous êtes stagiaire? », ou encore « excusez moi, je suis un peu perturbé que ce soit une femme qui me renseigne, on n’a pas l’habitude dans le vélo ». Au début j’avais beaucoup de peine, maintenant j’en rigole !

A ma grande surprise, les femmes peuvent faire les mêmes commentaires que les hommes, c’est assez étonnant ! Il s’agit bien de stéréotypes et non pas que de machisme… Mais heureusement, ce n’est pas la majorité des personnes que je rencontre !

WTF ?! Y a encore un gros travail au niveau des mentalités dès que tu bosses dans des domaines un peu technique. Et clairement dès que ça parle technique, c’est pas vers les femmes que les clients se dirigent.

Du coup, quels conseils tu aimerais donner aux femmes qui ont dû mal à se trouver légitimes dans ce milieu ?

Il n’y a pas de règle ! Il n’y a pas de pratique type. Il existe aujourd’hui tellement de modèles de vélo et tellement de matériel, chacune peut faire la pratique qu’elle veut, comme elle veut ! Et ne surtout pas se fier à ce que les autres (hommes ou femmes) peuvent nous dire.

Et aux mecs qui roulent et qui se permettent de nous faire des remarques à la con ?

C’est comme dans la vie en général, l’égalité homme-femme est un large débat. Il y aura malheureusement toujours des gros relous… et ces derniers ne font pas preuve d’une grande intelligence… Si on peut, alors on appuie plus fort sur les pédales pour les faire taire. Mais en vrai, « l’ignorance est la meilleure réponse aux imbéciles » (ahah).

Je plussoie !

Passage obligé sur Merci Vélo : à qui ou à quoi tu aimerais dire merci  ?

Merci à mon Papa qui m’a fait découvrir ce sport.

Et merci mais non merci ?

Non merci aux stéréotypes du cyclisme ancienne génération qui tiennent bon… « les freins à disques sur route, ça ne sert à rien et c’est nul car c’est plus lourd » ou « des pneus de 26 ?! Je vais être collé ! » ou encore « il faut gonfler tes pneus à 8 barres si tu veux avancer »…

Des cyclistes et/ou des comptes IG à nous balancer qui t’inspirent ?

@franceantartique

@lotdeux

@dziubs

Et en dehors du vélo, que fait donc Mathilde ?

En dehors du vélo, je bois des bières !

Best hobby ever ❤️Quels conseils aurais-tu aimer entendre ?

Les douleurs sur la selle ne sont pas un « passage obligé » pour une femme qui fait du vélo. On n’est pas obligées de souffrir assises sur notre selle ! Il y a des solutions…

Et quels conseils et astuces aimerais-tu donner aux cyclistes en général ?

Il existe des selles adaptées à notre morphologie et à notre largeur de bassin, ça change notre pratique quand on est bien positionné et bien assis!

Ne pas se prendre le chou : il n’y a pas de règle, chacun peut faire le vélo qu’il aime, comme il aime ! Une dame au magasin était venue se renseigner pour un vélo léger sur lequel elle pourrait installer des petites sacoches pour faire de longues sorties. Ses amis lui ont dit qu’il fallait qu’elle prenne un VTC car on ne peut pas mettre de sacoches sur un vélo de route, ce n’est pas fait pour ça. Elle est venue au magasin en m’expliquant ce qu’on lui avait dit, et finalement elle est repartie avec un vélo de route, équipé avec ce dont elle avait besoin pour ses longues sorties. Aujourd’hui, elle prend plaisir à rouler avec son vélo et ses équipements, c’est bien là l’essentiel ! Les stéréotypes tiennent bon, mais chacun peut faire la pratique qu’il veut !

Et aux femmes cyclistes en particulier ?

Toujours cette question des selles et de l’assise… On a été/est trop nombreuses à souffrir, et ce n’est pas un sujet tabou !

Merci B.E.A.U.C.O.U.P Mathilde pour cette dose d’inspiration et de bienveillance ! Je te souhaite d’atteindre tes objectifs et surtout de continuer à cultiver ta passion sincère pour le vélo sous toutes ses formes !

La Cyclo carte d’identité
Compte Strava
: Mathilde Trsn
Compte Instagram : @mathilde_trsn et @bpwomenscommunity
Vélo(s) : S’Works Tarmac Disc
Lien du shop : Bike Paradise Tours
Ton ravito préféré :  un café/flan en pause