Entre-deux

chaussure sur fil avec le ciel

Je déménage le 6 mai pour m’installer à Rouen après 31 ans passés dans un rayon plus petit que le confinement. En 2021, mon bocal est devenu trop petit. 

La confirmation de mon départ m’a plongée dans un entre-deux. Je regarde depuis quelques semaines mon environnement avec nostalgie. J’ai l’impression qu’une pellicule s’est déposée sur les objets, dépôt que l’on voit avec le cœur plutôt qu’avec les yeux. Mon appartement ne m’a jamais semblé aussi petit, les rues aussi courtes, le temps aussi long. 

J’ouvre mon univers comme je le ferais le matin avec mes volets, sauf que je ne les ferme jamais, mes volets. Je me sens comme un gentil fantôme, entre deux mondes, ballotée dans une navette mentale, entre projections de demain et souvenirs d’hier. 

Je ne pars pas loin. Non. Mais je pars tout de même. Et ça me fait un petit quelque chose. Il y a l’ivresse du départ, le stress de ce déménagement rapide et soudain, la tendresse de regarder la vie que j’ai construite ici faire ses bagages pour aller les poser ailleurs, la pensée que mes proches vont me manquer, forcément. 

Mais je n’ai pas dit au revoir car je ne pars pas loin. J’ai dit à bientôt.

PS : Est-ce que j’ai envie d’écrire des billets d’humeur ? Oui, p’t-être bien.